samedi 21 avril 2018

Le clan des 4 - Cassandra O'Donnell



Infos sur le livre

éditions : Flammarion jeunesse
date de publication : 14-03-2018
pages : 352
prix : 15€

Résumé éditeur


Loup, tigre, serpent, aigle : quatre clans ennemis. Les Yokaïs, créatures tantôt humaines, tantôt animales, vivent dans une harmonie fragile. Maya, l'héritière du clan des loups, et Bregan, du clan des tigres, sont les garants de la paix. Mais pourront-ils résister à leurs instincts profonds pour sauver leurs tribus ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Flammarion grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'adore.

De quoi est-il question ?


Depuis toujours, les Yokais se livrent une guerre sans merci, une guerre à laquelle la jeune génération n'est pas sans prendre part, non sans un certain plaisir. Maya est l'héritière des Loup, Bregan est le successeur du chef des Tigres. La haine mutuelle doit être leur seul rapport. Pourtant, le jour où Maya sauve le jeune frère de Bregan, un enfant qui n'a pas conscience des querelles, tout change.

Car sitôt que leurs regards se croisent, Maya et Bregan se découvrent des sentiments qu'ils voudraient bien ignorer mais desquels ils ne parviennent pas à se défaire. Ils savent qu'ils seront incapables de se faire du mal, ils se font confiance. Pourtant, cette amitié naissante va être mise à mal lorsqu'un corps sera retrouvé parmi les Loups.

A partir de là, plus rien ne peut stopper une guerre imminente qui était parvenue à rester en sursit jusque là. Les pères souhaitent se venger, les enfants enfin prendre part à une véritable action. Maya et Bregan ne pourront alors compter que sur eux-mêmes et sur ce qu'ils croient être juste pour empêcher l'inévitable...

Du côté de la forme...


Il va de soi qu'un nouveau roman de Cassandra, je ne pouvais pas passer à côté. D'autant que cela faisait un petit moment que l'auteure m'en parlait et que ma curiosité concernant ce titre n'était allée qu'en grandissant.

Au début de ce roman nous retrouvons des thématiques somme toute assez communes : des clans qui se haïssent, deux jeune gens différents qui réfléchissent plutôt que de foncer, des sentiments interdits... Des thématiques qui fonctionnent toujours et qui donnent envie d'en savoir plus, surtout par l'imaginaire d'une auteure qui ne déçoit jamais.

Pourtant, au-delà de ce sentiers battus, l'auteure va nous offre un roman tout à fait original qui envoûte et empêche le lecteur de le reposer avant de l'avoir totalement dévoré. L'idée des personnages qui, tantôt humains tantôt animaux, ont un caractère qui rappelle leur animal et qui font partie de clans, j'adore ! Et si bien exploité ici !

Car la force de ce roman c'est de nous présenter des personnages que l'on n'oublie pas une fois le livre refermé. Des personnages qui vont nous toucher par les émotions qu'ils émettent, qui vont nous agacer parfois par leurs caractères un peu limite, qui vont nous faire réfléchir à la fois sur la sincérité et à la fois sur les querelles ancestrales dont on ignore la cause.

Au-delà d'une intrigue palpitante et pleine de rebondissements où rien ne sera jamais ce qu'il paraît, ce roman est également un roman qui pose de vraies questions de société, en particulier sur nos certitudes et notre incapacité à voir ce que nous ne voulons pas voir. Et puis, comme tout roman du genre, ce roman est aussi une belle leçon d'amitié, voire d'amour.

Quel bonheur que de retrouver la plume de l'auteure ! Quelle plaisir de la découvrir dans un genre nouveau ni tout à fait jeunesse ni tout à fait adulte mais où chacun peut s'y retrouver. Avec cette plume si prenante, on s'y croirait et une fois le roman terminé, on en redemande avec, cependant, la petite frustration de ne pas en avoir appris plus sur les autres clans.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de pouvoir lire avec la plus vive impatience et que je suis absolument ravie d'avoir pu dévorer. Voici un roman qui m'a permis de retrouver une auteure que j'adore et que je ne saurais trop vous conseiller d'aller découvrir. Voici un roman qui reprend des codes qui fonctionnent tout en offrant quelque chose d'une belle originalité.
Une seule chose à dire : vivement la suite !!!

vendredi 20 avril 2018

L'arbre à voeux - Kyo McLear et Chris Turnham



Infos sur le livre

éditions : Little Urban
date de publication : 17-11-2017
pages : 32
prix : 10,50€

Résumé éditeur


Charles et Emile avaient toute la journée devant eux pour trouver l'arbre à voeux. Là où Charles allait, Emile le suivait. Là où Emile allait, Charles le suivait. Mais l'arbre à voeux restait introuvable. A la place, ils rencontrèrent...

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Little Urban grâce auxquelles j'ai pu découvrir cet album à la couverture et au résumé très tentants.

De quoi est-il question ?

En plein hiver, alors que la neige recouvre le sol, le jeune Charles a décidé de trouver un arbre à voeux et ce même si son frère et sa soeur s'acharnent à lui dire que cela n'existe pas. Mais Charles est sûr de lui et, le lendemain matin, il entraîne à sa suite son copain Emile au coeur de la forêt afin de mettre la main sur l'arbre tant recherché.

Charles et Emile avancent dans la forêt. Enfin... c'est plutôt Emile qui suit Charles entre moments de calme et glissades. Mais l'arbre à voeux ne se montre pas jusqu'à ce que les enfants découvrent un écureuil qui, entouré de ses noisettes, cherche comment rapporter son trésor chez lui. La première d'une belle rencontre pour les deux enfants...

Du côté de la forme...


Découvrir de temps à autres de nouveaux albums afin de vous en faire profiter, voilà la mission que je me suis confiée. Avec un titre aussi intrigant que celui-ci et une couverture on ne peut plus de saison, je n'ai donc pas hésité très longtemps.

Au début de cet album, nous découvrons donc Charles, un jeune garçon qui, alors que son frère et sa soeur jouent dans la neige, veut trouver un arbre à voeux. Nous retrouvons ici cette catégorie significatives de personnages : l'enfant le plus jeune qui, différent du reste de sa famille, va se distinguer en vivant une belle aventure. Lieu commun mais qui fonctionne toujours.

Quel meilleurs moment que l'hiver pour découvrir un album de neige et de glace ? Car avec cet album j'ai retrouvé l'ambiance hivernale et les lectures que l'on rêve de faire au coin du feu. Une belle manière de faire découvrir aux enfants ce genre de tradition et de les faire rêver entre rêve et réalité, entre imaginaire et vérité d'un cadre.

Car c'est une nouvelle fois cela que j'ai aimé dans cet album. Le lecteur se plonge dans une histoire qui pourrait être vrai mais qui, peu à peu, va basculer dans un monde de magie et d'imaginaire où il va s'agir de retrouver un arbre bien différent des autres et où l'enfant va être mené à converser avec des animaux de toutes sortes. Qui n'en a jamais rêvé ?

Cet album aurait donc dû me transporter. Pourtant, je n'ai pas réussi à véritablement entrer dedans. Si les illustrations ne m'ont pas plus convaincue que cela, c'est surtout la fin de l'album qui m'a laissée sur ma faim et dans un état dubitatif notable. La fin m'a en effet parue trop puérile par rapport à la poésie du reste de l'histoire et m'a semblé arriver comme un cheveu sur la soupe.

L'histoire est relativement bien menée. Menée en tout cas comme nous pouvons espérer une histoire au sein d'un album pour la jeunesse. Pourtant, je n'ai pas su retrouver dans cette écriture la poésie du titre ainsi que la poésie que je m'étais imaginée. J'ai cependant bien aimé la manière dont l'auteur permet au lecteur de réfléchir sur la solidarité et l'amitié.

En conclusion...


Voici un album dont j'attendais beaucoup et c'est peut-être là ce qui a pêché pour moi, peut-être le titre m'en a-t-il fait attendre trop. De fait, c'est mitigée que je ressors de cette lecture en ayant su en apprécier la poésie et l'ambiance mais en ayant l'impression de rester sur ma faim avec un dénouement peut-être trop simple et sans réelle originalité.

jeudi 19 avril 2018

L'envoûtante - Marieke Aucante


Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 19-04-2018
pages : 208
prix : 17,90€

Résumé éditeur

Eugénie a 26 ans quand elle revient sur les terres familiales. Fille et petit-fille de sorcière, Eugénie a grandi en orphelinat après la mort précoce de ses parents dans des circonstances qu'elle était trop petite pour comprendre. Elle rencontre Lucas, le chauffeur du châtelain du village, dont elle tombe amoureuse. Avec lui, un avenir radieux s'annonce. Pourtant, Eugénie découvre qu'elle a hérité des dons de ses aïeules : mais comment mener une existence normale avec un tel héritage familial ?

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman qui m'avait beaucoup tentée pour une auteure que j'avais très envie de lire.

De quoi est-il question ?

A la fin du XIX° siècle,  Eugénie est petite fille et coule des jours heureux dans la ferme familiale, étant surtout proche de sa grand-mère qui connaît les secrets des plantes et sait parler aux animaux. Au grand damne de sa mère qui, elle, entretient un réel conflit avec sa mère au sujet de tous ces faits qu’au village on pense être sorcelleries.

Les années ont passé et, après avoir fui le village, Eugénie revient sur les terres de son enfance. Sur une route de campagne, elle fait la connaissance de Lucas, un jeune homme dont elle tombe très vite sous le charme. Avec lui, elle va tenter de se tourner vers l’avenir. Mais dans ce village source de temps de souvenirs, Eugénie devra d’abord s’affranchir de son passé.

Car au-delà des apparences, l’enfance d’Eugénie ne fut pas de tout repos entre les craintes des voisins, les rancœurs de la mère et les épreuves qui marquèrent ses jours jusqu’à ce que l’horreur s’invite à la porte de la petite maison… l’horreur qui poussera Eugénie à tourner le dos à son passé…

Du côté de la forme...

MariekeAucante, j’ai eu le plaisir de la rencontrer en novembre dernier à la foire de Brive mais n’avais encore pas pris le temps de découvrir ses romans. Avec la parution de ce titre à la couverture si attrayante, je n’ai pas hésité longtemps.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Eugénie, une jeune femme très touchante dont on sent qu’elle porte un lourd passé. De fait, dès les premières pages, pas mal de questions se posent : pourquoi est-elle partie ? Qui est-elle aujourd’hui ? Et l’auteur parvient très bien à nous présenter ce personnage peu à peu jusqu’à le lecteur en comprenne toute la complexité.

En alternance, nous allons donc suivre Eugénie entre le temps du récite et le temps de son enfance et ce genre d’entreprise fonctionne toujours d’autant qu’il y a là un vrai décalage entre le temps heureux de l’enfance et l’âge adulte où la jeune femme a du mal à s’attacher et à se confier. Si l’amour apparaît en filigrane, il n’est pas là l’élément essentiel du roman.

Ce roman est avant tout un roman d’ambiance, témoin d’une époque entre les craintes irrationnelles des petits villages, les premières automobiles ou encore les changements profonds dus aux évolutions diverses. A l’image de son titre, ce roman nous englobe et nous entoure de ses bras avec beaucoup de douceur pour nous présenter parfois des situations à réfléchir sur notre monde d’aujourd’hui.

J’émettrais cependant une réserve quant au personnage même de la sorcière. Car si on la voit utiliser des plantes et si elle donne à un moment le sentiment de ramener les animaux morts à la vie, peut-être aurais-je souhaité que l’auteur aille plus loin dans sa thématique. Si je ne pouvais attendre une sorcière à l’instar de celles des romans fantastiques, l’ambiance mystérieuse aurait mérité plus.

Concernant le style de l’auteure, j’ai eu le plaisir ici de découvrir un style plein de douceur par lequel l’auteure nous montre son attachement à son personnage. L’ambiance est parfaitement rendue et l’intrigue est touchante même si j’aurais aimé que l’auteure me propose un peu plus de rebondissements frappants.

En conclusion...

Voici un roman que j’attendais de pouvoir découvrir avec une vive impatience et avec lequel j’ai passé un agréable moment même s’il s’est révélé ne pas être tout à fait ce que j’attendais. Voici un roman qui m’a présenté un personnage qui m’a beaucoup touché et que j’ai aimé pour son ancrage original dans son époque.

mercredi 18 avril 2018

Ce qu'il reste - Elena Varvello



Infos sur le livre

éditions : Le masque
date de publication : 10-01-2018
pages : 272
prix : 18€

Résumé éditeur


1978, nord de l'Italie. Elia a seize ans. C'est un jeune homme solitaire, en proie aux tourments de l'adolescence - ses amitiés fragiles, ses questionnements, ses premiers émois amoureux. Cet été-là, dans le petit village de Ponte, comme tous les étés, la chaleur est étouffante. Mais si l'atmosphère est particulièrement pesante, c'est que le père d'Elia a un comportement étrange depuis quelques temps, depuis qu'il s'est fait licencier de l'usine pour laquelle il travaillait. Persuadé d'avoir été victime d'un complot, il s'isole des heures dans le garage de la maison, à son van, rentrant parfois tard dans la nuit, sans explications. La mère d'Elia ferme les yeux. La mère d'Elia est une femme amoureuse. Un jour, le village est secoué par la disparition d'une jeune femme, montée à bord d'une fourgonnette qui s'est enfoncée dans les bois. À Ponte, tout le monde se connaît, tout se sait. Mais il y a des choses que personne ne peut imaginer. Trente ans après les faits, Elia raconte cet été où tout a basculé, et ce qu'il en reste.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions du Masque ainsi qu'à l'auteure de m'avoir offert ce livre à l'occasion des Quais du polar, ce qui m'a énormément touchée.

De quoi est-il question ?

Elia n'a que 16 ans, en 1978, lorsqu'elle découvre que son père n'est pas l'homme qu'il parait être aux yeux du monde. A l'âge où la majorité des jeunes de son âge ne rêvent que de sorties entres amis, de garçons et d'émancipation, Elia, elle, doit faire avec une ambiance familiale sombre et sans lendemain possible. Car Elia le sait, ce que son père a fait est impardonnable.

Les années ont passé depuis mais Elia a bien du mal à construire quelque chose, rongée par ce passé qui la mine, par le souvenir de ce père monstrueux, par la mémoire de cette mère perdue dans sa propre vie. Elia se souvient aussi de son amitié avec Stefano, un garçon qui l'aidera à se sortir de son histoire mais qui pourrait aussi être à la source de nombreux déboires.

Car ce souvenir c'est celui d'un père qui, un jour, emmena une femme en pleine forêt et lui infligea les pires horreurs de celles dont une femme ne se relève jamais tout à fait. Ce souvenir est celui d'un été où tout a basculé dans une petite ville italienne sans histoire, celui d'une adolescence brisée par des dégâts irrémédiables.

Du côté de la forme...

Entre une couverture magnifique, un éditeur que j'affectionne beaucoup et une auteure italienne, ce qui est suffisamment rare pour attirer mon attention, c'est sans hésité bien longtemps que je me suis plongée dans cette lecture sans précédant.

Dès le début de ce roman, le lecteur est prévenu : ce thriller ne sera pas un thriller de plus dans la veine du genre. Car ici, dès la première ligne, le lecteur est mis au courant du quand, du comment, du où, du qui et du pourquoi de l'acte commis : un homme, le père de la narratrice, a emmené une fille dans les bois et lui a fait subir des atrocités.

Alors bien sûr, l'ambiance dans ce roman n'a rien de commun avec ce que l'on peut attendre d'habitude d'un thriller et c'est ce que ce bouquin a de génial : une ambiance mise en place peu à peu pour que le lecteur ressente toute l'émotion de la narratrice qui sait. Une ambiance qui nous plonge au cœur de cette famille détruire par l'acte commis.

De fait, c'est un peu le sentiment d'un huis-clos que l'on a ici. Un huis-clos au cœur de la famille elle-même s'il n'est pas effectif dans le cadre. Et c'est avec beaucoup de talent que l'auteur nous plonge ici dans tout cela avec, parfois, un sentiment d'incompréhension relatif à celui du personnage. Et alors que les pièces se mettent en place, la vie s'efface devant la fixation dans un temps trop dur.

Et puis, ce roman nous plonge au cœur d'une petite ville italienne à la fin des années 1970 et je dois dire que j'ai beaucoup aimé être basculée dans ce genre de cadre dont on n'a pas forcément l'habitude. Ce roman nous plonge au sein d'une histoire familiale terrible et pourtant si proche de la réalité. Ce roman nous offre pourtant de belles relations humaines et d'amitié qui apportent un souffle frais.

Car c'est bien grâce à son style fort que l'auteure nous offre ici un roman qui marque. Ce style n'est ni plein d'hémoglobine ni dans une surenchère d'horreurs mais nous laisse entrevoir ce que peut être la vie d'une famille qui sait que, parmi ses membres, se cache un monstre. De fait, c'est par des sensations et des non-dits que l'auteur nous laisse ressentir toute la force de son intrigue.

En conclusion...

Voici un roman qui m'intriguait beaucoup et avec lequel j'ai passé un moment comme je n'en avais pas passé depuis longtemps, proche du coup de cœur, par une ambiance et des personnages qui, au final, pourraient être n'importe qui. L'auteur nous fait frissonner et joue sur les codes du souvenir pour nous montrer combien notre passé influe sur notre présent, plus encore quand un secret de famille est si lourd à porter.
Ce roman est le première de l'auteure traduit en France et, je l'espère, pas le dernier.

mardi 17 avril 2018

Les anges de Beau-Rivage - Hélène Legrais



Infos sur le livre

éditions : Calmann-Lévy
date de publication : 02-11-2017
pages : 384
prix : 20,50€

Résumé éditeur


Adeline Dupraz, orpheline savoyarde âgée de quatorze ans, a échoué à Genève en cette année 1872. En haillons, tenaillée par la faim, alors que la petite miséreuse court à sa perte, la chance lui sourit : elle est prise en pitié par trois femmes de chambre de l’hôtel Beau-Rivage qui parviennent à l’y faire embaucher. Pour la timide paysanne, pas facile de se mettre au diapason de cet établissement prestigieux des bords du lac Léman, fréquenté par les grands de ce monde et les célébrités. Grâce à ses heureuses initiatives, Adeline réussit cependant à gagner la confiance de Mme Frieda, la redoutable gouvernante, et de M. et Mme Mayer, les exigeants propriétaires. Tout se présenterait au mieux pour la petite Savoyarde si, au détour d’une rue, elle n’était brusquement rattrapée par son passé. Adieu la promesse d’une belle carrière hôtelière dans l’ombre des majestés, des altesses et des maharadjahs. Adieu le rire ensoleillé du sommelier d’étage catalan. Pourquoi Adeline a-t-elle fui sa vallée ? Quel secret pèse sur ses frêles épaules ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Calmann-Lévy grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman d'une auteure que je n'avais jamais eu l'occasion de lire.

De quoi est-il question ?


Adeline n'a que 14 ans lorsque, suite à une agression qui la marquera pour le reste de sa vie, elle quitte son petit village français et passe la frontière suisse. Durant des jours, elle erre jusqu'à ce que les jeunes employée du bel hôtel Beau-Rivage décident de la prendre sous leur aile et de la ramener avec elles dans le fameux palace.

Après les premières réticences, Line est pourtant accueillie à bras ouverts auprès du personnel de l'hôtel, auprès des patrons et auprès de la supérieur des femmes de chambres. Sa fraîcheur, sa douceur mais surtout son professionnalisme la rendent très vite indispensable aux yeux de tout ce petit monde. C'est ainsi que, peu à peu, Line fera sa place et s'émancipera.

Pourtant, Line devra aussi faire avec les démons de son passé, les dangers du présent et l'Histoire qui feront que Beau-Rivage sera au fil du temps à la fois un lieu de grande quiétude et un lieu de dangers, un lieu d'amitié et un lieu d'horreurs parfois. Un lieu qui, pourtant, sera toujours le lieu de grands moments de bonheur au fil des générations.

Du côté de la forme...


Cela faisait un petit moment que ce roman attendait dans ma pal. Le fait de revoir l'auteure à l'occasion de son enregistrement RCF à Saint-Etienne m'a permis de sortir ce livre de ma pal et de littéralement le dévorer sans oublier la passion de l'auteur pour son récit.

Ce roman nous présente donc Adeline, dite Line, et immédiatement il est très aisé de s'attacher à cette jeune fille au lourd passé qui va bondir vers son avenir avec toute l'hardeur de son jeune âge, avec toute sa force de vivre, son courage et son besoin d'être acceptée. Et Line sera de plus en plus touchante à mesure qu'elle plongera dans Beau-Rivage comme on plonge dans une famille longuement cherchée.

Car Beau-Rivage sera la famille de Line et apparaîtra bientôt comme un personnage à part entière. C'est avec force que l'auteur nous présente ce palace, ses décors mais aussi son âme. Alors si l'intrigue de ce roman n'est pas forcément celle que l'on pourrait attendre, elle nous présente pourtant bien une tranche de vie. Beau-Rivage vivant au rythme des gens qui le font et de l'Histoire qui le guide.

Il est vrai que l'intrigue de ce roman, intrigue autour du passé de Line, est assez vite bouclée et c'est dommage. J'aurais en effet peut-être aimé que le suspens soit un peu plus étalé tout au long de l'intrigue et que le passé de Line soit davantage présent. Mais malgré tout, le lecteur se laisse porter dans une aventure pleine de douceur qui lui fait juste du bien.

Car ce roman est avant tout un très beau message d'espoir et d'amitié qui montre que, quoi qu'il arrive, les liens que nous créons avec notre entourage sont les seuls qui comptent. Croire en son destin, croire en ces petites choses insignifiantes pour la majorité, comme les anges de ce palace unique, croire en sa propre vie... Line grandira grâce à cela et apprendra au lecteur à y croire à son tour.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu l'immense plaisir de découvrir un style profond comme j'aime en découvrir : un style fort, prenant mais qui, surtout, témoigne de la passion de l'auteur pour ce qu'elle raconte. Hélène Legrais vit ce qu'elle nous conte et nous le fait vivre avec elle. Elle croit en ses personnages et nous y fait croire. Elle connaît son sujet et nous le fait aimer.

En conclusion...


Voici un roman qui attendait dans ma pal depuis bien trop longtemps et que je suis tout simplement ravie d'avoir enfin pu découvrir. Voici un roman qui change de ce dont on peut avoir l'habitude mais qui nous plonge dans un florilège d'émotions et de bien-être. Voici un roman qui nous offre des personnages attachants et une folle envie d'en apprendre plus sur le cadre enchanteur que l'auteure nous présente là.
Ce roman était le premier que je lisais de l'auteure mais certainement pas le dernier.

samedi 14 avril 2018

Quais du polar 2018 - Samedi

Salut à tous,

Après avoir mis quelques jours à redescendre de mon petit nuage, je prends enfin le temps de vous conter ce nouvel épisode des Quais du polar auquel j'ai encore eu une fois la chance de participer.

De base, j'aurais déjà dû y aller le vendredi après-midi mais, merci la SNCF, ce fut mission impossible. Du coup, samedi matin, direction Lyon avec un changement de gare imprévu ce qui en ajoute à la galère.


Après mille péripéties, à 10h05, je suis dans le salon et, d'un coup d'un seul,  tout le stress retombe et je profite juste du moment. Dès lors, les rencontres s'enchaînent, comme toujours, avec un plaisir immense et l'envie, pour une fois, d'être sur les photos. Alors préparez-vous à voir ma trombine souvent !

Daniel Cole

A.J. Finn

Marion Brunet

Christophe Molmy

Karin Slaughter

Bertrand Puard

Après une petite galère d'ordre de carte bancaire qui ne passait pas, je décide de faire la petite photo habituelle du haut du salon.


Et puis c'est reparti pour les rencontres avec des auteurs tous plus sympas les uns que les autres...

Douglas Preston

B.A. Paris

Sandrine Collette

Olivier Norek

Ne sachant pas trop que prévoir pour la suite, je décide ensuite d'aller faire un petit tour à l'hôtel de ville où se trouvent les auteurs lyonnais.


Gilles Caillot

Olivier Kourilsky

Et puis, après ce petit moment détente sans trop de foule, c'est reparti pour le palais de la Bourse...

Niko Tackian
(avec un Olivier Norek déchaîné en arrière-plan)

Et une photo plus sérieuse

Patricia MacDonald

Johan Sfar

Donato Carrisi

Mais 18h approche et à 18h j'ai un rendez-vous de prévu que je ne manquerais pour rien au monde, une opportunité de dingue que je dois aux éditions de l'Archipel que je remercie encore très vivement. Mais avant, une petite photo du palais.


Le rendez-vous est donné au Cintra, juste à côté des lieux du salon. Un bar-restaurant très classe qui vous donne l'impression de ne pas faire partie du même monde ni de la même époque.




Le rendez-vous de dingue, il est avec les équipes de L'Archipel et de J'ai lu pour une rencontre privilégiée avec Douglas Preston. Une rencontre rythmée par un apéro-dinatoire au goût de crevettes, de vin blanc et de fromages.

Alors bien sûr, la petite photo de circonstance est de rigueur.


Peu avant 20h, je suis malheureusement obligée de fausser compagnie à tout ce petit monde car mon train de m'attendra pas mais, une nouvelle fois, c'est des souvenirs plein la tête que je repars du salon.

vendredi 13 avril 2018

Fausses promesses - Linwood Barclay


Infos sur le livre

éditions : Belfond
date de publication : 11-01-2018
pages : 512
prix : 21,90€

Résumé éditeur

Plume ciselée, personnages inquiétants et humour jubilatoire : Linwood Barclay, créateur de frissons, revient avec un roman noir grinçant pour conter les petits secrets et les troublants mystères d'une ville de province américaine. Il s'en passe de belles à Promise Falls, charmante bourgade de trente-six mille âmes. Des agressions répétées sur le campus, un nourrisson kidnappé par un " ange ", une femme sauvagement assassinée dans sa cuisine. Et vingt-trois écureuils retrouvés pendus à la grille du parc. Ce coin paumé des États-Unis serait-il devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les esprits dérangés ? C'est bien ce qui affole le débonnaire inspecteur Barry Duckworth, dont la pression artérielle ne cesse de grimper : quel genre de psychopathe aurait pris ses quartiers en ville ? Y a-t-il seulement un lien entre tous ces faits divers ? La chasse au crime commence. Aidé de David Harwood, père de famille déprimé et journaliste au chômage, Duckworth se lance dans une déroutante enquête, qui ne tarde pas à virer au cauchemar. 
Qui a dit que Promise Falls était une petite ville tranquille ? 

Pourquoi ce livre ?

Merci aux éditions Belfond grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'un auteur que j'étais très curieuse de pouvoir retrouver.

De quoi est-il question ?

A Promise Falls, les autorités sont inquiètes : des agressions sont commises sur le campus et, dans le même temps, 23 écureuils morts sont retrouvés. Pire, une femme est retrouvée assassinée chez elle alors que son mari était en voyage. Problème ? Le bébé de cette femme vient d’être retrouvé chez Marla, une jeune femme perturbée qui affirme qu’un ange lui a apporté le bébé.

David, cousin de Marla et ancien journaliste, a été contraint de retourner vivre chez ses parents avec son fils. Lorsque la mère de Marla lui demande de tout faire pour aider sa fille à se sortir du mauvais pas dans lequel elle est, l’homme n’a guère le choix. Mais il sait déjà qu’il ne sera pas simple d’innocenter cette cousine que tout accuse, elle qui a déjà par le passé kidnappé un bébé.

Mais alors qu’il avance dans ses recherches, David va être confronté à des difficultés et des obstacles inattendus. Et alors que l’étau se resserre, de terribles révélations vont remettre en question tout ce qu’il croyait savoir. Tout ça en même temps que, d’un côté personnel, David ne sait plus trop où il en est pour lui et son fils.

Du côté de la forme...

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas lu de roman de l’auteur et je dois dire que cela me manquait pas mal. L’annonce de sa présence, malheureusement annulée, aux Quais du polar, m’en a donné l’occasion pour mon plus grand plaisir.

Dès le début de ce roman, deux intrigues se mettent en place. Les agressions sur le campus d’une part, le meurtre d’une femme de l’autre. Le lecteur ne tardera pas à imaginer que les deux sont liés et, pourtant, l’auteur parvient ici avec brio à jouer avec ces codes forts connus pour entraîner le lecteur dans une intrigue où il ne saura plus à quel saint se vouer.

Très vite, je me suis davantage intéressée à l’histoire de Marla et à toute l’intrigue autour du bébé volé et de la mère assassinée. Le polar se mêle ici au thriller et le lecteur n’a qu’envie de connaître le fin mot de l’histoire même s’il faut reconnaître que, malheureusement, certaines réponses se devinent assez facilement. L'intéressant étant dans la façon dont la solution est amenée.

Pour autant, cela n’est pas vraiment gênant dans le sens où ce roman est finalement surtout un roman d’ambiance qui entraîne le lecteur dans un univers de doutes et de faux-semblants comme on les aime. Quant à la seconde intrigue, sans trop en dire, lorsque l’on arrive à la fin du roman, on se demande si l’auteur est vraiment sérieux ou bien…

Mais l’énorme valeur de ce roman se trouve dans la psychologie des personnages, une psychologie qui est rondement menée, qui nous fait douter de tous tout le monde, y compris de nous-mêmes et de notre point de vue de lecteur. Une psychologie qui sert une ambiance mais aussi une profonde réflexion sur notre monde actuel, sur un monde de pouvoirs.

Quel plaisir que de retrouver dans ce roman la plume si étonnante d’un auteur qu’on ne présente plus, maître du genre et toujours à même de nous entraîner avec lui dans les intrigues qu’il propose ! Quel plaisir que de devenir totalement accro à ce roman jusqu’à en avoir dévoré la dernière ligne avec le regret de laisser derrière soi des personnages avec lesquels on aurait bien aimé faire un petit bout de chemin de plus.

En conclusion...

N’ayant pas lu de roman de l’auteur depuis un bon moment, c’est avec un plaisir sans faille que je me suis plongée dans ce titre avec la certitude de passer un bon moment. Mais j’ai finalement eu encore plus que ce que j’attendais avec des émotions puissantes, une intrigue qui m’a retourné le cerveau et un final en apothéose qui m’a bien donné envie de frapper l’auteur !