mardi 12 décembre 2017

L'inconnu de la Faurie - Jean-Pierre Bonnet



Infos sur le livre

éditions : Lucien Souny
date de publication : 15-04-2008
pages : 205
prix : 6,50€

Résumé éditeur


A la mort de son père, Adrien revient à La Faurie, vieille et belle propriété familiale dont, pour des raisons obscures, il a été tenu éloigné depuis l'âge de douze ans. En même temps qu'il renoue avec la famille, son frère, sa sœur aînée et sa cadette, handicapée, il découvre l'existence d'une belle jeune fille, Audrey, née d'une liaison que son père a eue alors qu'il était officier en Indochine. Mais ce n'est là que le début des surprises.., et des révélations. Adrien comprend alors que seule la vérité, toute la vérité, lui permettra de se reconstruire et de tourner la page d'une adolescence meurtrie et d'une relation difficile avec cet homme dont il ne sait rien. Mais il lui faudra pour cela percer les secrets les mieux gardés de La Faurie, et ceux jalousement scellés au fond des cœurs et des mémoires

Pourquoi ce livre ?


C'est lors de la Foire du Livre de Brive la Gaillarde, l'an dernier, que j'ai fait l'acquisition de ce livre, lu en vu d'y revoir l'auteur cette année.

De quoi est-il question ?


Cela fait de nombreuses années qu'Adrien a tout quitté, village et famille, pour aller se fondre dans la masse parisienne. Mais aujourd'hui, Adrien est de retour au village, retrouvant les odeurs et les sentiments de son enfance, des sentiments peu heureux parce que en lien avec le souvenir de son père l'ayant envoyé en pension à l'âge de douze ans.

Aujourd'hui, le père est mort. Pour des questions d'enterrement et d'héritage aussi, un peu, Adrien est en route vers son passé. A la maison familiale, il retrouve sa mère mais aussi son frère avec lequel il a toujours vécu une petite compétition et ses soeurs dont la plus jeune, handicapée, ne le connait finalement pas vraiment. Et Adrien ne se sent pas à sa place.

Alors que les enfants se rendent chez le notaire, ils font la connaissance d'Audrey, une belle jeune femme qui n'est autre que leur demi-soeur, une belle jeune femme avec laquelle Adrien voudrait bien tisser des liens mais que son frère et sa soeur ont bien décidé d'évincer de la famille. Entre silences et jalousies, Adrien devra pour comprendre faire la lumière sur l'histoire de sa famille et sur la sienne.

Du côté de la forme...


Si j'aime les romans de terroir, vous avez peut-être compris que je suis toujours amenée à lire toujours plus ou moins les mêmes auteurs. La foire du livre avec plein d'auteurs que je ne connaissais pas était pour moi l'occasion de pallier cela.

Dès le début du roman, j'ai été très touchée par le personnage d'Adrien que l'on sent blessé, blessé à cause de sa famille, de son père qui ne l'a jamais aimé, de son frère et de sa soeur qui ont pris l'habitude de le prendre de haut. Pourtant, Adrien semble être, et de loin, le membre de cette famille qui a la coeur le plus grand et qui n'a qu'envie d'harmonie.

L'auteur, ici, nous plonge dans une ambiance telle que des centaines de familles peuvent la vivre chaque année : des enfants qui ne reviennent que pour l'enterrement d'un parent, des enfants qui se déchirent pour une question d'héritage, des jalousies qui naissent par la révélation d'un secret, en l'occurrence le cinquième enfant du père. Beaucoup pourront alors se reconnaître dans ce roman.

Je l'avoue, il y a avec ces personnages quelque chose d'assez manichéen que j'ai trouvé un peu dommage : d'un côté le fils qui espère retrouver une famille, de l'autre le frère et la soeur attirés par l'appât du gain. Un manichéisme qui, certes, peut être vrai mais qui, je ne sais pas, m'a paru peut-être un peu trop.

Ce roman est donc surtout une histoire de fraternité où l'auteur s'attacher à montrer les relations entre frères et soeurs qui ne sont pas toujours au beau fixe, qui sont même parfois plutôt houleuses. Mais a contrario va naître entre Adrien et Audrey une très belle histoire qui, on s'en doute, ne va pas tarder à poser problème car ira plus loin d'une affection fraternelle...

Mais comme dans tout roman du genre qui se respecte, ce roman est aussi une histoire de secret de famille. Un premier secret qui sera révélé dès les premières pages et qui tissera sa toile jusqu'à la fin du roman pour un autre secret encore plus énorme. L'auteur parvient alors à nous impliquer dans cette recherche de la vérité et c'est toujours appréciable.

Concernant le style de l'auteur, il s'agit d'un style que j'ai bien aimé suivre et qui a su me faire ressentir les émotions d'Adrien, qui a su m'agacer avec les personnages secondaire et qui a su m'émouvoir avec les émotions de la mère qui tentent, envers et contre tous, de préserver sa famille. Et puis, l'auteur sait nous embarquer avec lui ce qui est toujours un bon point.

En conclusion...


Voici un roman que j'attendais de pouvoir lire et que je suis ravie d'avoir enfin pu découvrir, en un rien de temps il est vrai. Ce roman, je l'ai en effet dévoré en une demi-journée à peine et même si le double-secret, et surtout le second, se voient venir de lui, l'auteur a su m'impliquer dans cette histoire de famille qui m'a touchée et qui s'ancre dans la modernité.
Un roman à découvrir pour les amateurs du genre et un auteur que je n'hésiterai pas à relire très bientôt.

lundi 11 décembre 2017

A calicochon - Anthony Browne



Infos sur le livre

éditions : Kaléidoscope
date de publication : 11-03-2010
pages : 30
prix : 13,20€

Résumé éditeur


Toute l'organisation de la maison repose sur les épaules de madame Porchon : elle fait la cuisine pour monsieur Porchon et leurs deux fils, passe l'aspirateur, fait la vaisselle, lave le linge, range la maison, sans que jamais personne ne lui témoigne la moindre reconnaissance. L'ingratitude de sa famille lui devient un jour intolérable et madame Porchon n'a plus qu'une seule solution...

Pourquoi ce livre ?


Dans le cadre mon nouveau master et en souvenir de mon année chez Lire et faire lire, j'ai eu envie de relire cet album et de vous en parler.

De quoi est-il question ?


La famille Porchon est une famille en apparence sans histoire et bien sous tous rapports. Monsieur Porchon travaille, les enfants vont à l'école et Mme Porchon s'occupe de toute sa petite tribu sans jamais prendre le temps de penser à elle. La cuisine, le ménage, la lessive... Et le lendemain tout recommencer...

Et chez les Porchon, époux et enfants ne voient pas les sacrifices de Mme Porchon, en demandant toujours plus et se comportant comme de véritables rois le feraient avec une domestique. Jusqu'au jour où Mme Porchon en a assez... et s'en va, laissant seule mari et progéniture se débrouiller tous seuls...

Du côté de la forme...


Il est des livres comme ça qui vous frappe et qui restent gravés en vous. Des albums qui attendent la moindre occasion pour resurgir à votre esprit et vous donner envie de parler d'eux. Cet album est de ceux-ci, merci Lire et faire lire.

La première fois que j'ai eu l'occasion de découvrir cet album, il m'a frappé. Il m'a frappé de par son intemporalité, de par son message et de par sa force. Car si l'on se plait à croire que les mentalités ont changé, trop nombreux sont encore ceux qui estiment la place d'une femme être à la cuisine et au service de sa famille. Ici, l'auteur bouscule les préjugés.

Car en mettant l'accent sur toutes les activités d'une femme à la maison, il montre combien le rôle d'épouse et de maman est le rôle le plus complexe et le moins reconnu du monde. Il est d'ailleurs intéressant de voir combien l'auteur joue sur son illustration en effaçant le personnage de la mère durant la majeure partie du roman.

Ce qui est à la fois très touchant et très drôle dans cet album, ce qui ne manquera pas de marquer les enfants, c'est le caractère "magique" de la parole de la mère qui, en disant à sa famille qu'ils sont des cochons, va jouer de leur transformation. Un symbole fort, bien qu'un peu stéréotypé, qui pourra faire réfléchir les enfants sur leur propre comportement.

Pour aller plus loin, et bien que cette analyse soit purement personnelle, je n'ai pu m'empêcher de voir dans cet album un clin d'oeil à un roman que j'adore : La ferme des animaux de Georges Orwell. Dans ce roman les animaux se transforment peu à peu en homme de par leurs agissements, ici l'effet inverse se produit. Intéressant.

Parler du style d'Anthony Browne est à la fois quelque chose de transcendant et à la fois quelque chose de déstabilisant. Cet auteur fait partie des grandes figures de la littérature jeunesse et on comprend pourquoi : un travail d'illustration magistral et une plume où aucun mot n'est laissé au hasard. Magistral !

En conclusion...


Voici un album dont j'avais très envie de vous parler depuis pas mal de temps et pour lequel j'ai enfin trouvé l'occasion de rédiger un article. Grâce à son message encore trop actuel, sa "magie" et son travail stylistique, cet album fait partie des classiques de la littérature de jeunesse à connaître absolument et à faire connaître !
Soyez certains que je vous reparlerai bientôt d'Anthony Browne...

samedi 9 décembre 2017

Rebecca Kean, Traquée - Cassandra O'Donnell

Rebecca Kean, tome 1 : Traquée  - Cassandra O'Donnell

Infos sur le livre

éditions : France Loisirs
date de publication : 12-03-2011
pages : 480
prix : 9,99€

Résumé éditeur


Nouvelle-Angleterre, Burlington... Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...

Pourquoi ce livre ?

Suite à la réédition de la saga chez France Loisirs, j'ai décidé de me replonger dans cette saga et d'en profiter pour ré-acquérir dans ma bibliothèque ce tome pour avoir tous les mêmes formats.

De quoi est-il question ?


Après une guerre des communautés magiques survenue en France, son pays d'origine, Rebecca a décidé de tout quitter et d'aller se reconstruire une vie à des milliers de kilomètres de là aux Etats-Unis, l'occasion de repartir de zéro et d'envisager une vie aussi normale que possible pour sa fille de neuf ans, Léonora.

Il faut dire que Rebecca est une sorcière et sa fille un mélange de sangs magique qui ne devrait pas avoir lieu d'être. Alors la discrétion est de mise ! Mais une nuit, voilà qu'un cadavre se met sur la route de Rebecca, au sens propre du terme. Un cadavre qui l'amènera à rencontrer Raphaël, un vampire qui ne la laisse pas indifférente.

Et bientôt, la petite vie tranquille qu'espérait Rebecca est réduite un néant. Il faut dire que des créatures magiques ont disparu et que la jeune sorcière ne va pas tarder à être mise à contribution pour aider à les retrouver. Une véritable enquête va alors se mettre en place pour la jeune femme qui va devoir jongler entre vie privée, vie auprès des humains et retour en force dans la vie magique.

Du côté de la forme...


Il est extrêmement rare que je relise un livre et plus encore depuis que j'ai ouvert ce blog. Les classiques sont les seules exceptions à la règle. Mais vu le retard que j'avais pris sur cette série, une relecture du tome 1 était obligatoire. L'occasion de vous refaire mon avis.

Dans ce roman, nous découvrons donc Rebecca, une sorcière au caractère bien trempé et, devrait-on dire même, un beau caractère de merde. Si quoi que ce soit lui déplaît ou va à l'encontre de ce qu'elle attend, elle n'hésite pas et elle attaque. La douceur féminine ? Elle ne connait pas tellement et un personnage comme ça fait juste un bien fou.

Ici, l'univers magique et l'univers humain se mêlent avec des personnages magiques contraints de se fondre dans la masse, se fondre sans toujours savoir si les individus qu'ils ont en fasse d'eux font partie ou non de la communauté. Il est d'ailleurs assez drôle de voir comment les caractères magiques influent sur la vie de tous les jours non sans rappeler parfois des gens que l'on peut connaître.

Ce premier volet est, avouons-le, surtout un tome pour mettre le lecteur dans une ambiance et dans un univers, le mettre dans le bain pour une saga qui se poursuivra par la suite sur un certain nombre de tomes. Et cela fonctionne car c'est avec beaucoup de talent que l'auteure nous immerge dans son histoire à la fois sombre et totalement déjantée.

Et puis, ce que j'ai surtout aimé ici c'est que l'auteure joue avec les codes du polar. C'est en effet une véritable intrigue qui se met en place dès les premiers chapitres avec la disparition d'individus qu'il va s'agir de retrouver. D'ailleurs, à l'image du polar, l'angoisse ne va cesser de monter au fil des pages jusqu'à la grande révélation finale qui fait froid dans le dos et n'est pas sans faire réfléchir.

Avec Cassandra O'Donnell, je suis toujours certaine de ne pas être déçue par l'écriture et une fois encore ça n'a pas loupé. Je dirais même que j'ai pris encore plus de plaisir avec ce roman plus adulte de l'auteure et le fait que ce fut une relecture ne m'a pas du tout dérangée, bien au contraire car je ne me souvenais que peu de ma première lecture.

En conclusion...


Voici un roman faisant partie des quelques romans seulement que je peux me vanter d'avoir relu après une première lecture. Et bien je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à cette relecture qui m'a permis de revoir d'un oeil neuf cette histoire tout en me donnant affreusement envie de me plonger dans la suite de la saga.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore et qui aiment ce genre d'univers, n'hésitez pas une seconde !

vendredi 8 décembre 2017

Le nouveau nid des petits marsus - Benjamin Chaud



Infos sur le livre

éditions : Little Urban
date de publication : 13-10-2017
pages : 32
prix : 13,50€

Résumé éditeur


Les Petits Marsus vivent paisiblement avec leurs parents. Jusqu'au jour où une terrible tempête souffle leur nid douillet. Les Marsupilamis n'ont plus de maison. Ils doivent quitter la jungle à la recherche d'un nouveau nid.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Little Urban grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouvel album des petits marsus, une série à l'idée qui m'a beaucoup plu.

Mon avis...


La famille Marsupilami s'est construit un très beau nid, là-haut, au-dessus des arbres. Mais voilà qu'une tempête survient et le nid est détruit. La famille Marsupilami doit déménager et se trouver un autre foyer. Mais à chaque qu'ils croient avoir trouver un lieu pour se reposer, un autre habitant de la forêt les chasse car il y vit déj0.

J'avais beaucoup aimé le premier titre que j'avais pu lire de cette nouvelle collection des Petits Marsus et c'est donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce nouveau volume comprenant un sujet autrement plus grave et important.

Dans cet album, la famille Marsupilami est contrainte de déménager lorsqu'un ouragan a détruit son nid. Le ton est donné : dans cet album l'auteur évoquera à la fois la question du déménagement pour les enfants mais aussi, et surtout, la question dramatique des catastrophes naturelles et des familles qui perdent tout. Tellement d'actualité hélas !

A travers la gravité du texte et de l'illustration, un peu troublante il faut l'avouer, l'auteur met en oeuvre la détresse que peu inspirer ce genre de catastrophes aux familles qui la vivent et je dois dire qu'en cela cet album m'a beaucoup touchée. D'autant que l'auteur fait également le choix d'évoquer ici la question de l'hospitalité et de l'entraide, pas toujours évidente pour chacun.

Dans cet album, j'ai beaucoup aimé l'émotion qui ressort des visages de la famille Marsu et l'entraide qui finalement résoudra tous les problèmes. Un beau moyen de faire comprendre aux enfants qu'il est important d'apporter son secours à ceux qui en ont besoin tout en les initiant aux habitats naturels des habitants de la jungle.

Une fois de plus dans cet album, l'illustration fait force de détails qui sauront amuser petits et grands et passer pas mal de temps sur chaque image. Une fois encore, le lien texte-image est d'ailleurs intéressant en ce que chacun sert l'autre pour mettre en valeur l'émotion et la force des pistes de réflexion proposées ici.

En conclusion...


Voici un album que j'étais très curieuse de découvrir et qui, s'il m'a peut-être un peu moins convaincue que le précédant lu, m'a beaucoup touchée de par l'importance du sujet qu'il traite : les catastrophes naturelles et les familles qui en sont victimes. Voici un album qui fait également réfléchir sur la force du partage et de l'entre-aide ce qui n'est jamais superflu.
Il va de soi que je lirai, s'il y en a, les prochaines aventures des petits marsus.

jeudi 7 décembre 2017

Le Valet de Pique - Marie de Palet



Infos sur le livre

éditions : De Borée
date de publication : 10-05-2017
pages : 361
prix : 20,90€

Résumé éditeur


Parti à la recherche d'un ancien château pour rendre service à son cousin André, Damien se demande bien pourquoi il a accepté d'aller se perdre sur ces petites routes sinueuses de campagne ; d'autant que, pour faire plaisir à sa grand-mère, il a promis de se rendre dans le village d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il rencontre Valentin, un retraité à la fois bourru et attachant, qui s'avère être un cousin. Alors que Damien s'apprête à repartir, sa voiture tombe en panne, et le voilà contraint de passer quelques nuits sur place. C'est le début d'une grande amitié entre les deux hommes. Au fil du temps, Damien va en apprendre un peu plus sur l'histoire de Valentin, mais un mystère demeure : pourquoi le surnomme-t-on le "Valet de pique" ?

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions De Borée grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que j'aime bien lire de temps en temps, en l'occurrence en vue de Brive la Gaillarde.

De quoi est-il question ?


Parisien convaincu, Damien arrive en province en quête d'un château, d'une ruine en vérité. L'occasion en outre pour aller au village d'où est originaire sa famille. Mais si l'homme s'est lancé dans cette aventure avant tout pour faire plaisir à son cousin et, plus encore, à sa grand-mère, il ne va pas tarder à voir sa vie basculer.

Très vite, Damien s'attache au petit village mais surtout fait la connaissance de Valentin, un cousin éloigné un peu en retrait de la vie du village. Il faut dire que les habitants l'affluent d'un surnom peu gracieux : le Valet de pique. Et si l'homme fait tout pour prendre ce sobriquet avec humour, Damien comprend très vite que cette habitude cache un passé significatif.

Très vite, Damien et Valentin deviennent donc amis et Damien n'aura de cesse de découvrir quel secret portent le village et l'histoire de Valentin. Mais finalement, c'est par l'amour et une rencontre opportune que la vérité éclatera. Une vérité qui risquera bien de mettre en péril tout ce que Damien espérait construire...

Du côté de la forme...

Vous le savez, j'aime les romans régionaux. Et si certains noms sont connus et reconnus au sein de cette littérature, celui de Marie de Palet n'en est pas le dernier. Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de roman de cette auteure, celui-ci en a été l'occasion.

Au début de ce roman, nous découvrons donc Damien arrivant dans une ambiance de campagne très actuelle. Quelque chose qui fait du bien et qui donne une idée assez précise de ce que sera le roman : une histoire qui se mêlera à la grande Histoire, un présent qui ne tardera pas à se voir rattraper par le passé. Toujours un bon point.

Ce roman nous présente donc la découverte d'une ambiance de campagne par un homme éminemment citadin et il est touchant pour le lecteur de redécouvrir à son tour un univers qui lui paraîtrait commun ou, a contrario, trop éloigné de lui. L'auteure sait alors faire en sorte que chacun retrouve cet amour de la quiétude.

Mais cette histoire va surtout être une belle histoire de sentiments humains où l'amitié et l'amour se croisent et s'entre-croisent, où l'affection familiale peut prendre diverses formes et où, finalement, la famille se choisit plus qu'elle ne s'impose. D'autant que la famille imposée se révèle parfois destructrice et empêcheuse.

Car comme dans tout bon roman de terroir qui se respecte, celui-ci comporte un secret, un secret de village qui peu à peu va se révéler être un secret de famille, un secret de famille qui va toucher du doigt l'Histoire et va rappeler au lecteur que ce que l'on croit savoir d'une période n'est pas toujours si évident.

Le style de Marie de Palet est un style à la fois plein de douceur et de fermeté. L'auteure nous prend par la main et nous entraîne avec elle dans la vie de ses personnages sans que le lecteur ne soit vraiment à même de refuser cette invitation. Alors il s'interroge, émet des hypothèses et arrive jusqu'à la fin du roman où un coup de poing l'attend.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir avec l'envie de retrouver l'écriture d'une auteure que j'aime bien lire de temps en temps. Voici un roman qui m'a entraîner dans son univers et avec ses personnages pour une lecture en une journée à peine. Voici un roman qui permet tout simplement de passer un bon moment et que demande-t-on de plus ?
Il va de soi que je vous reparlerai sans hésiter de cette auteure lorsque j'en aurai de nouveau l'occasion.

mercredi 6 décembre 2017

Face au tigre - Chun-Liang Yeh et Pauline Kalioujny



Infos sur le livre

éditions : HongFei
date de publication : 16-04-2010
pages : 36
prix : 12,15€

Résumé éditeur


Dans la forêt, le Tigre est roi. Tous les animaux le respectent de peur de lui servir de repas, et malheur à qui croise son chemin sans suivre ce principe. Or, ignorants de cette règle, le Renard et l'Ane sèment le trouble chez le souverain. Face au Tigre, l'un en réchappe, mais l'autre est croqué... sans pitié !

Pourquoi ce livre ?


C'est suite à l'annonce de la venue de l'illustratrice à la biennale de Moulins que j'ai voulu découvrir son travail et notamment ce titre dont la couverture m'a beaucoup plu.

De quoi est-il question ?


Le tigre est l'animal qui règne sur tous les autres dans la forêt. Tous les animaux le craignent et le respectent, fuient même devant lui. Le tigre est un roi et chacun ne vit en paix que sous son autorité. Mais il arrive parfois que certains animaux ne connaissent pas le tigre, il arrive parfois qu'une rencontre puisse tout changer...

Un jour, le tigre rencontra le renard et celui-ci voulu montrer au tigre, pour éviter d'être dévoré, que lui-même était beaucoup plus dangereux que le roi de la forêt. Et par sa ruse, le renard parvint à épargner sa vie. Par sa ruse, il parvint à se sauver de l'animal le plus dangereux et pourtant maître parmi les animaux.

Un jour, le tigre rencontra l'âne. Il ne connaissait pas cet animal qui n'avait aucun lien d'aucune sorte avec la forêt qu'il régentait. Et l'âne l'effraya de par son allure et de par ses cris. Pourtant, courageux, le tigre affronta sa peur et compris que l'âne n'avait rien de dangereux. Affolé, l'âne ne su se contrôler et révéla toute sa fébrilité.

Du côté de la forme...


Les contes traditionnels d'ici et d'ailleurs, voilà qui m'intéresse toujours beaucoup et que je trouve toujours très enrichissant. En découvrant cet album, j'ai donc pu faire d'une pierre deux coups en découvrant à la fois une illustratrice et à la fois des contes très forts.

Cet album comporte donc deux contes, à la fois très proches et très éloignés l'un de l'autre. Deux contes mettant en scène une rencontre hors norme, une intrigue très symbolique et très métaphorique, une moral à l'image des fables que nous connaissons tous. Bref, deux contes comme on les aime sur fond animalier qui fait toujours son effet.

Dans le premier conte, le tigre va faire la connaissance du renard, renard qui va se révéler beaucoup plus malin que le tigre. J'ai beaucoup aimé retrouver ici la tradition de cet imaginaire du renard futé qui parvient par son esprit à se sortir des situations les plus délicates. Une belle manière d'inviter les enfants à utiliser leur esprit.

Dans le second conte, au contraire, c'est l'âne qui va être mis à l'honore pour apprendre aux enfants à cacher leurs frayeurs et à ne jamais être trop sûrs d'eux. Malheureusement, j'ai toujours un peu de mal avec cette image de l'âne comme un animal un peu stupide et qui, en tout cas, ne réfléchis jamais. Cela n'engage que moi mais c'est dommage.

A travers le texte, le lecteur aura le plaisir de retrouver le style du conte oral. Bien qu'ayant aimé lire ces textes, je crois que j'aurais plus aimé encore avoir la chance de me les faire lire. Pour les plus jeunes, il sera agréable de leur faire découvrir ces contes, le soir, avant de les endormir. Cela change et les initie et d'autres cultures.

Mais c'est surtout l'illustration qui mérite que l'on parle d'elle ici. Personnellement, lorsque j'ai vu la couverture, je suis tombée amoureuse de ce tigre. Et au fil de ma lecture, je n'ai fait que m'attacher de plus en plus à lui notamment par ce travail à la fois très expressif de ses émotions et ce caractère très réaliste de l'animal.

En conclusion...


Voici un album que je n'aurais sans doute pas découvert sans la biennale et je serais passée à côté de quelque chose de vraiment pas mal du tout. Voici un album qui a su me toucher de par l'oralité de ses textes, de par son initiation à d'autres contes et de par son illustration vraiment très belle à mon sens. Un bel objet à avoir dans sa bibliothèque !
Une nouvelle illustratrice que j'ai hâte de pouvoir rencontrer.

mardi 5 décembre 2017

Ode au Cantal - Antonin Malroux et Jacques Raymond



Infos sur le livre

éditions : Editions de la Flandonnière
date de publication : 30-10-2013
pages : 144
prix : 19€

Résumé éditeur


Antonin Malroux, né à Boisset, dans la Châtaigneraie cantalienne, est l'auteur de dix-sept romans à succès. Il livre dans ce nouvel ouvrage quelques textes imprégnés de poésie qui répondent aux photographies du Cantalien Jacques Raymond. Membre correspondant de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, il est de ceux dont la littérature demeure attachée à son pays natal, "pays de sueur à vivre et de coeur à mourir, où vivent libres et fiers les beaux châtaigniers de son enfance".

Pourquoi ce livre ?


C'est aux Carnets de Voyage de Clermont-Ferrand que je me suis offert ce beau-livre pour avoir dans ma bibliothèque les textes poétiques d'un auteur que j'apprécie beaucoup.

De quoi est-il question ?


Aimer sa région ce n'est pas seulement un fait, c'est une philosophie. Faire aimer sa région à quelqu'un qui ne la connaît pas, c'est un art. Cet art, un auteur et un photographe ont décidé de le développer pour faire connaître la région qui est la leur, la région qu'ils aiment : le Cantal. Par les mots et l'image, ils nous plongent dans ce pays.

Jacques Raymond est photographe et au fil des pages nous présente les plus belles prises de vue du Cantal : des villages, des paysages, des châteaux aussi. Un véritable voyage au coeur d'une région que ce soit en prises de vue terriennes ou aériennes, un voyage au gré des saisons et de la nature dans toute sa splendeur.

Antonin Malroux est écrivain. Ici, pour la première fois, il nous offre une autre facette de son travail d'auteur : la poésie. Loin de la fiction pour laquelle on le connaît, l'auteur parle ici de sa passion pour son pays entre rimes et émotions. Que ce soit par les odeurs ou les couleurs, le Cantal prend alors vie et sens par les mots d'un aime qui l'aime.

Du côté de la forme...


Le beau-livre, vous le savez, ce n'est pas forcément "mon truc". Question de place, de budget et d'intérêt aussi. Pourtant, lorsque j'ai vu que c'était Antonin Malroux qui avait écrit de la poésie pour cet ouvrage, je n'ai pas hésité très longtemps.

Le beau-livre n'est pas forcément un livre qui se lit mais plutôt un livre qui se consulte. Ici, pourtant, j'ai pris le parti de le lire de bout en bout afin de ne rien rater et je pense que j'ai plutôt bien fait. J'ai ainsi pu prendre beaucoup de plaisir à découvrir toutes les photographies magistrales de cet ouvrage qui donnent juste envie d'y plonger ou d'aller visiter le Cantal.

Si je l'ai fait, c'est aussi pour ne rien rater des poèmes proposés par l'auteur et je dois dire que si, de base, je ne suis pas très friande de poésie, j'en ai ici beaucoup apprécié la lecture. Je le dis depuis que je lis ses romans, Antonin Malroux est un poète. Il le prouve ici en mettant des mots sur toutes les émotions que l'on peut avoir face à sa région.

L'idée de cet ouvrage est de nous plonger au coeur du Cantal et, je dois bien le dire, ça marche. Entre photos et poèmes le livre nous promène en effet au fil des saisons, nous fait sentir les odeurs de cette région, nous en fait voir les couleurs, nous en fait ressentir le silence parfois, la puissance d'autres fois. Magistral !

Souvent, l'on peut avoir envie de voyager loin, de partir s'exiler dans d'autres pays, découvrir d'autres univers. On oublie trop souvent que la France elle-même regorge de lieux sublimes à visiter, à rencontrer même. Ce livre nous le rappelle avec brio et n'est pas sans nous faire réfléchir sur le beauté de ce qui est le plus proche de nous.

Concernant le style de l'auteur, poésie ou roman, j'aime toujours autant la plume d'Antonin Malroux qui sait m'embarquer avec lui dans ce qu'il raconte. Je ne suis pas spécialiste de photographie mais je dois dire que j'ai tout particulièrement aimé celles présentées ici au sein desquelles on sent un travail mais aussi une belle passion.

En conclusion...


Voici un livre que je n'aurais probablement pas lu si le poète n'avait pas été un auteur que j'apprécie et je serais passée à côté de quelque chose de vraiment très beau et très fort. En cette période de fêtes où nous sommes toujours à la recherche de quelque chose à offrir, voici un ouvrage qui devrait faire des heureux parmi les amoureux des régions.
Le beau-livre n'est toujours pas ce que je préfère mais j'essayerai de temps à autres de vous en présenter certains.